Un modèle résilient

Moisson 2016
Résultats
7 décembre 2016

La coopérative Axéréal, premier collecteur de grains en France, a souffert des aléas climatiques et économiques cette année. Comme tout le secteur céréalier, les 13.000 agriculteurs sociétaires de la coopérative, répartis sur une zone de collecte très centrale en France ont connu une année noire. En cause: la récolte historiquement mauvaise due aux problèmes météo du printemps trop pluvieux et pas assez lumineux. «Après une moisson 2016 catastrophique marquée par des aléas climatiques, souligne Philippe de Raynal, directeur général du groupe, les chutes de rendement ont atteint de 15 à 45% sur certaines céréales comme le blé dur. Au total, la collecte d'Axéréal a chuté de 35% en volumes cette année». La coopérative, qui compte quelque 3.355 salariés, a affiché un chiffre d'affaires en recul de 12,5% à 2,8 milliards d'euros contre 3,2 sur l'exercice clôturé fin juin 2015.

Un fonds d'aide de 8 millions d'euros

Hormis quelques cultures comme le colza, «c'est une contre-performance tant sur le plan quantitatif que qualitatif», poursuit le dirigeant. Face à des clients en attente d'une certaine qualité de grain (le «poids spécifique» est trop bas cette année), la coopérative a pu anticiper et trouver de nouveaux débouchés dans l'alimentation du bétail et sur les marchés du sud-est asiatique. «Très vite, nous avons vu cet été dans l'Indre et le Cher que la moisson allait être compliquée, indique Philippe de Raynal. Dès juillet, nous avons donc décidé d'intervenir pour soutenir nos adhérents en difficulté».

Pour soutenir les céréaliers face à leurs difficultés sans précédent, certains n'ont jamais eu de rendements si bas, une cellule psychologique a été mise en place. Tout comme un fonds de contribution de 8 millions d'euros. «Cette somme représente 40% du résultat net de l'exercice précédent et sera versée aux producteurs adhérents en fonction de leur capital social détenu, commente Jean-François Loiseau, le président d'Axéréal. Une somme non négligeable. Pour les agriculteurs, cela représente en moyenne une aide de 35 euros à l'hectare».

Réorganisation et accords sur le temps de travail

En interne, l'entreprise, qui compte 3.355 salariés, a pris des mesures de réductions des contrats saisonniers, tout comme des baisses de budgets de formation (hormis sur la sécurité). Plutôt que de recourir à du chômage technique, des accords sur le temps de travail et l'organisation du volume horaires de tous les salariés ont été mis en place. Enfin, un plan de réduction de charge a permis d'économiser 10 millions d'euros cette année. Un effort qui devrait être réitéré en 2017 dans les mêmes proportions.

Au final, Axéréal estime que sa double activité lui apporte une certaine résilience: «Une jambe agricole et une jambe industrielle», selon Jean-François Loiseau, lui permettent de «compenser les impacts de la mauvaise récolte par un volet transformation en bonne forme». Économiquement, ce modèle apporte son efficacité. Le résultat net consolidé d'Axéréal a été multiplié par deux pour l'exercice 2016 (clôture fin juin), à 11,9 millions d'euros contre 4,7 millions un an auparavant.

 

Source : Le Figaro.fr