Développement durable : l’agriculture productive et régénérative, clé de voûte de la stratégie d’Axéréal

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« La Terre, les Hommes, le Futur ». Lorsqu’il évoque la stratégie développement durable d’Axéréal, le président de la coopérative, Jean-François Loiseau, aime faire référence à la « signature » du groupe. « L’objectif central de l’agriculture régénérative est là : respecter la terre et les hommes , résume-t-il. C’est un ensemble de pratiques agricoles qui tendent vers la neutralité carbone, en respectant l’environnement, tout en ayant recours aux nouvelles technologies. Et c’est aussi une attention particulière accordée à la régénération des sols ».

 

Suivant cette voie, le groupe Axéréal s’est engagé depuis plusieurs années dans un modèle d’agriculture régénérative, productive et bas carbone. « Nous devons aller vers une agriculture plus respectueuse de l’environnement et mesurer les effets positifs de cette agriculture », confirme Pierre Toussaint, directeur agronomie, transitions et innovation chez Axéréal. Une orientation stratégique motivée par un impératif : «face aux multiples changements et aléas, Axéréal accompagne les agriculteurs dans l’évolution de leurs pratiques tant en terme de qualité que de rendements. », explique Flavie Delattre, administratrice du groupe Axéréal. De fait, ces aléas sont aujourd’hui nombreux. Les fermes doivent tout à la fois s’adapter à une évolution climatique de plus en plus impactante (phases de sécheresse intenses…), et prendre en compte de nouvelles règlementations. « Nous devons être aux côtés des agriculteurs pour qu’ils anticipent ces changements, explique Pierre Toussaint. Cela passe notamment par une amélioration de la santé des sols qui permettra, par exemple, une meilleure résistance au stress hydrique des plantes lié à l’excès ou au manque d’eau. Laquelle sera également mieux restituée aux plantes en période de sécheresse ».

L’orientation portée par Axéréal est aussi une réponse aux attentes sociétales – et, par ricochet, à celles des transformateurs et des industriels, à l’écoute de leurs clients. « On note depuis plusieurs années un changement dans les comportements d’achat, poursuit le directeur du développement durable d’Axéréal. Les consommateurs veulent davantage de produits locaux, mais aussi plus de transparence dans leur composition et leur origine.  Ils souhaitent aussi que des actions concrètes soient mises en place en faveur de l’environnement (lutte contre le réchauffement climatique, actions pour préserver la biodiversité…)».

 

Une trajectoire de décarbonation ambitieuse

Face à ces nombreux défis, le groupe coopératif a lancé une stratégie ambitieuse. Elle implique tout d’abord une formalisation de sa trajectoire de décarbonation. Pour ce faire, le pôle agricole d’Axéréal et Axiane, son activité meunerie, ont rejoint l’initiative SBTI (Science Based Target Initiative), suivant ainsi les traces de Boortmalt (activité malt d’Axéréal), engagé depuis 2021. Des objectifs ambitieux ont été définis dans ce cadre : une réduction des émissions de gaz à effet de serre liées à l’énergie de 42 % et une baisse des émissions sur l’amont agricole (achats de matières premières…) de 30 % à l’horizon 2030. 

Différentes initiatives ont été prises pour réussir cette transition dans les activités agricoles et les filières associées. Un accent a ainsi été mis sur la formation. Elle concerne tout d’abord les salariés d’Axéréal, et notamment les technico-commerciaux qui accompagnent au quotidien les agriculteurs. « Des modules climat, sol ou encore carbone sont créés afin que nos équipes s’approprient les évolutions en cours », indique Pierre Toussaint. Les agriculteurs bénéficient également d’un transfert de connaissances, notamment à travers des réunions ou des visites sur l’exploitation. Ils peuvent aussi s’engager dans une démarche innovante, les « clubs carbone », où des échanges ont lieu autour de leviers agronomiques ou en lien avec le carbone. Les participants ont, en parallèle, la possibilité de tester les pratiques évoquées en groupe sur leur exploitation.

 

CultivUp Régénératif : une démarche pour engager les fermes vers l’agriculture durable

Afin de développer l’agriculture régénérative au cœur des fermes, Axéréal a également mis au point une démarche innovante : CultivUp Régénératif. Elle vise à impliquer les agriculteurs et assurer tout à la fois la résilience de leurs exploitations face au changement climatique et leur rentabilité économique. Prenant la suite de CultivUp depuis juin 2024, cette initiative devrait rassembler 2000 agriculteurs d’ici 2026, et 3000 à l’horizon 2030.

La démarche s’appuie sur un référentiel agriculture durable qui doit permettre de produire tout en réduisant ses impacts environnementaux. Au total, 74 critères ont été retenus (allongement du cycle de rotation des cultures, intégration des légumineuses capables de produire de l’azote dans le sol, préservation de la biodiversité, protection des ressources en eau…). CultivUp Régénératif intègre, pour certains de ces indicateurs, une obligation de résultat. Un diagnostic carbone est par ailleurs prévu pour les agriculteurs rejoignant la démarche, afin de « déterminer quels sont les leviers disponibles pour diminuer les gaz à effet de serre sur l’exploitation », précise Pierre Toussaint.

Contribuant à diminuer l’impact carbone de leur ferme, cette démarche a un autre atout : elle permet aux agriculteurs d’accéder aux contrats filière. Cela avec une grande simplicité : un unique cahier des charges s’applique à l’échelle de l’exploitation, pour l’ensemble des cultures. En s’engageant dans une démarche d’agriculture régénérative, les agriculteurs adoptent ainsi des pratiques qui apportent une valeur ajoutée à leurs productions, en phase avec les attentes des marchés. 

Les agriculteurs engagés dans CultivUp Régénératif sont par ailleurs encouragés à mettre en œuvre des programmes bas carbone et lancer un processus de labellisation. 250 exploitations pionnières se sont d’ores et déjà engagées en ce sens. Ce travail réalisé dans les fermes fait écho au développement de filières décarbonées. Cette année, près de 200.000 tonnes de grains produits à partir de pratiques bas-carbone doivent être commercialisés par la coopérative.

 

Projet Arpège : des recherches pour développer les cultures bas intrants

Un important travail de Recherche & développement a également été impulsé par Axéréal pour accompagner cette évolution des pratiques, notamment dans sa station expérimentale du Chaumoy (Cher). Les études prévues au sein d’un vaste projet de R&D, Arpège, s’inscrivent dans cette perspective. Lancé en 2024, il regroupe plusieurs partenaires autour du groupe coopératif (FertiBerry semences, Genesis, Axa Climate, Medinbio, Hommes et Territoires, Terres Inovia et UniLaSalle). Son ambition : optimiser le potentiel de production et les bienfaits environnementaux des cultures bas carbone et bas intrants (pois protéagineux, soja, sorgho, lentilles, sarrasin…). Labellisé et financé par Bpifrance dans le cadre du plan d’investissement France 2030, il se déroulera sur une durée de quatre ans et permet de rendre concrètes les solutions d’allongement de la rotation à échelle des exploitations en agriculture régénérative.

Deux axes de recherche prioritaires ont été identifiés. Les scientifiques vont tout d’abord chercher à lever les verrous techniques qui peuvent freiner le développement de ces cultures bas intrants et améliorer leur productivité. La réduction du stress hydrique de ces cultures et la lutte contre les maladies telluriques du pois feront partie des thématiques abordées. Un travail sera également réalisé sur la qualité des productions récoltées et l’identification des bonnes pratiques permettant d’être en phase avec les attentes des acheteurs.

 

Le second axe de recherche se concentre sur les bénéfices sur la santé des sols où ont poussé les cultures bas intrants. « Une évaluation de leur fertilité va être réalisée, explique Thomas Monville, manager innovation et transition agronomique chez Axéréal. Les résultats seront mis en relation avec les pratiques culturales des agriculteurs. Ils permettront de comprendre en quoi l’introduction de ces nouvelles cultures dans les rotations permet d’améliorer la santé des sols »

Destiné à renforcer le potentiel agronomique des cultures étudiées (pois, sorghos, lentilles…), le programme Arpège vise également à conforter leur assise économique. C’est en ce sens qu’il faut comprendre les travaux menés sur la santé des sols : les chercheurs souhaitent mettre en lumière les « cobénéfices » de ces plantes bas intrants. « Nous allons rechercher leurs apports à l’échelle de l’exploitation, confirme Thomas Monville. Cultiver du pois me permet-il, par exemple, de limiter mes charges lors de l’assolement suivant ? ».  Au-delà, les études menées permettront de démontrer scientifiquement les bénéfices pour l’environnement de l’introduction de cultures bas carbone, de mieux accompagner nos adhérents sur ces sujets techniques et de valoriser les filières agriculture régénérative auprès des transformateurs et des consommateurs.