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Stratégie

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Les semences, vecteur de compétitivité pour les agriculteurs et la coopérative

L'activité semences chez Axéréal

C’est une activité historique pour Axéréal, mais aussi une filière d’avenir. La production de semences s’impose, de fait, aujourd’hui, comme stratégique au sein de la coopérative. Et son poids dans le paysage agricole française en atteste. 

Le groupe est un leader sur le marché des céréales à paille. 11.000 hectares sont sous contrat de production de semences conventionnelles. Axéréal peut s’appuyer sur de solides infrastructures. Au total, 4 usines situées sur le territoire français (Blois, Issoudun, Lutz-en-Dunois, Moulins-sur-Yèvre) assurent la production de 600.000 quintaux de semences par an, et une ferme spécialisée est également située en Croatie, à Nova Gradiška.

La coopérative est également le premier producteur hexagonal de semences de céréales à paille et de protéagineux bio, avec 30 % des surfaces de multiplication françaises, soit 2.500 hectares. 80.000 quintaux de semences de ces espèces en bio sont commercialisés chaque année. Les raisons d’une telle réussite dans les semences bio ? « Plusieurs atouts l’expliquent : notre recul sur cette activité que nous pratiquons depuis 25 ans, un outil industriel performant assurant des semences de qualité, un choix réfléchi des multiplicateurs par nos équipes de terrain et, enfin, une zone géographique particulièrement adaptée à cette activité de multiplication », explique Jérôme Fillon, responsable des activités semences bio

Les semences, un vecteur de compétitivité pour Axéréal ? C’est une certitude, pour Jérôme Plé, directeur industriel et supply chain agro-fournitures du groupe. Et en tout premier lieu pour les agriculteurs de la coopérative. « Nos semences certifiées leur apportent de la valeur ajoutée et leur permettent d’augmenter leur potentiel agronomique et leurs rendements », explique-t-il. Les semences représentent à ses yeux le premier maillon de la chaîne agricole et alimentaire portée par Axéréal. Une filière au sein de laquelle de nombreux services sont apportés aux agriculteurs : expertise agronomique, marchés porteurs, mais aussi une offre complète et en perpétuelle évolution.

C’est là toute la force de la coopérative, qui valorise ainsi les relations étroites entretenues avec les exploitants. Cette proximité lui permet de connaître leurs attentes. « C’est très important d’avoir une coopérative qui sécurise notre approvisionnement en semences, assure Fabien May, administrateur Axéréal et céréalier dans l’Orne. Des semences qui sont adaptées à notre territoire et à ses spécificités. » Au-delà, elles permettent également de répondre aux besoins exprimés par les transformateurs et les consommateurs. « Nous avons par exemple des variétés de blé qui correspondent aux demandes des meuniers, leur assurant un meilleur travail du grain et une production de farine selon leurs volontés », poursuit-il. La production de semences d’orge de brasserie est également menée en portant un regard constant sur les attentes du marché. 

Des investissements orientés à la hausse

Si les semences apparaissent comme un véritable vecteur de compétitivité pour les agriculteurs, elles le sont dans le même temps pour la coopérative elle-même. L’activité participe ainsi à la bonne structuration des filières au sein du groupe et donne la possibilité de répondre aux attentes de chacun de leurs maillons. Dans le même temps, elle permet de réaliser un travail d’anticipation stratégique en menant une réflexion sur les semences qui, demain, devront être proposées aux agriculteurs, au vu des évolutions climatiques à venir. « Nous avons avec nos obtenteurs des relations privilégiées qui nous permettent dès aujourd’hui de construire le futur », explique Jérôme Plé.

Le marché des semences est par ailleurs un levier de développement important pour Axéréal. Cela sur le plan local, mais aussi au niveau hexagonal, et international. « C’est un marché en croissance ces dernières années », confirme Jérôme Plé. « Nous travaillons notamment à la progression de nos activités en Europe centrale concernant les semences de soja », ajoute Fabien May. La coopérative œuvre d’ailleurs aujourd’hui à l’intensification de cette dynamique. Depuis 2021 et jusqu’en 2025, les investissements sur le périmètre des quatre usines de production de semences française du groupe ont été multipliés par deux. Un engagement fort qui montre combien l’activité semences est aujourd’hui perçue comme stratégique pour le groupe.

Avec Fertiberry, des semences alliées de la transition agricole

Au sein du groupe Axéréal, le producteur de semences Fertiberry est spécialisé dans les légumineuses fourragères et les plantes de service. Trèfles, luzernes, lentilles, pois fourragers… Au total, l’entreprise met sur le marché chaque année 40 à 45.000 quintaux, produits par 500 multiplicateurs sur environ 6000 hectares. 

Les productions fourragères correspondent aujourd’hui aux attentes du marché, notamment dans l’Hexagone (qui représente 50 % du marché de Fertiberry). « La luzerne est une source essentielle de protéines pour l’élevage et les agriculteurs sont justement de plus en plus en recherche d’autonomie à ce sujet », explique Pascal Gaucher, responsable opérationnel de Fertiberry. Une autonomie que ces semences certifiées peuvent leur apporter.

Fertiberry porte donc des objectifs ambitieux pour les années qui viennent, projetant notamment d’augmenter de 50 % son plan de production de luzerne. L’entreprise souhaite dans le même temps élargir géographiquement les territoires où sont multipliées ses semences. Elle propose aujourd’hui, en conséquence, à de nouveaux agriculteurs de la rejoindre pour participer à cette production.

Les semences produites présentent un autre atout de poids : elles permettent d’engager pleinement la transition agricole portée par le groupe Axéréal. Les trèfles d’Alexandrie ou la phacélie utilisés par exemple par les agriculteurs en intercultures représentent une production française, « ce qui est positif sur le plan du bilan carbone », note Pascal Gaucher. Pour valoriser l’origine hexagonale, l’entreprise a d’ailleurs créé cette année un conditionnement spécifique « Semences produites en France ».

Dans le même temps, le recours aux légumineuses « représente un intérêt stratégique sur le plan de la durabilité, poursuit-il. Ces plantes captent l’azote du sol et de l’air et n’ont donc pas besoin d’azote minéral. C’est positif tout à la fois aux niveaux économique et environnemental. » Surtout, elles vont permettre d’enrichir le sol. « La luzerne, par exemple, est très intéressante en termes agronomiques, poursuit Pascal Gaucher. Son introduction dans la rotation des cultures est à l’origine de nombreux apports ». Le responsable opérationnel de Fertiberry rappelle aussi que « un hectare de luzerne stocke autant de carbone qu’un hectare de forêt ». Les intercultures garantissent par ailleurs une couverture des sols et une protection efficace contre l’érosion. La présence de la luzerne joue, en outre, un rôle positif pour la biodiversité, favorisant le maintien des populations de pollinisateurs.

Enfin, la production de légumineuses pourra représenter un atout précieux pour les agriculteurs dans le cadre de la prochaine PAC 2023. La nouvelle programmation modifie en effet les règles de la conditionnalité et introduit une nouvelle aide appelée « écorégime ». Une réflexion sur la conduite de l’exploitation est donc indispensable en amont de la nouvelle campagne, et la présence de légumineuses au champ pourra permettre de bénéficier de cette subvention.
 

Phacélie


En Europe centrale, un positionnement stratégique sur la culture du soja

L’activité semences représente un vecteur de développement économique pour la coopérative. Pour preuve : la dynamique enclenchée aujourd’hui par le groupe en Europe centrale, où Axéréal est un important producteur de semences, tout particulièrement de céréales. Une présence que l’on retrouve dans l’ensemble des pays de la zone avec une approche stratégique basée sur une supply chain performante. La culture du soja est également en forte croissance sur ces terres depuis plusieurs années. « En 2009, la superficie de soja était de 29.000 ha en Hongrie, elle a été de 64.000 ha en 2021 », explique Janos Nemes, représentant régional du comitat de Baranya. Une tendance qui devrait, selon lui, se poursuivre : « La hausse des prix des engrais au cours de 2021 a renforcé l’intérêt pour le soja, qui nécessite moins d’apports que d’autres cultures. Ses superficies devraient donc continuer de croître. » 

Une opportunité économique que le groupe Axéréal a saisi, œuvrant au développement du marché semences dans cette zone géographique. Des travaux ont par exemple été menés pour proposer des variétés plus performantes sur le marché hongrois. La coopérative a vu ses parts de marché progresser (3,4 % du marché des semences de soja en 2021, entre 5,5 et 5,8 % annoncés pour 2022). « Nous avons vendu en 2022 70 % de semences en plus par rapport à 2021 », explique Janos Nemes.

Des ambitions similaires animent la coopérative en Croatie. « Nous souhaitons proposer au marché du pays la meilleure qualité de semences de soja », explique Danko Vincetić, Responsable opérationnel Axéréal à Nova Gradiška. Pour ce faire, nous avons investi récemment dans un trieur optique dernière génération, doté de caméras à la pointe de la modernité. Il permet d’obtenir des semences d’une grande pureté et d’une qualité irréprochable ». Des tests sont par ailleurs menés depuis plusieurs années sur la culture du soja en dérobée (culture menée juste après une précédente culture récoltée tôt), qui représente une opportunité économique pour les producteurs. « Nous sommes désormais en mesure d’accompagner les agriculteurs pour faire une culture de soja après de l’orge, avec la perspective de bons résultats, ne nécessitant que très peu d’intrants », indique Danko Vincetić. La coopérative a produit et vendu 25.000 quintaux de semences de soja pour la campagne 2022 croate, le groupe portant l’ambition d’atteindre 
les 40.000 quintaux de soja par an d’ici quelques années.

Des perspectives porteuses pour la filière soja croate, qui incite le groupe coopératif à mener une réflexion sur d’autres cultures. « Notre trieur optique devrait être un levier de croissance pour d’autres marchés de semences, confirme Danko Vincetić. Nous sommes par exemple en cours de test sur la culture du lin, avec des résultats très encourageants ».

Le soja, une culture stratégique pour Axéréal Europe Centrale