RSE

L'énergie au cœur de la stratégie durable d'Axéréal

Article publié le 16/06/20 à 14:47 par Antoine Part
La malterie Boormalt à Anvers (Belgique)
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Chez Boortmalt, 30 % d'énergie consommée en moins en 8 ans

Au sein du groupe Axéréal, les actions menées depuis plusieurs années pour réduire les consommations énergétiques sont multiples. De l'optimisation des process de production à la sensibilisation des collaborateurs en passant par le recours croissant aux énergies renouvelables, une importante dynamique a ainsi été enclenchée au sein du groupe. Une dynamique qui s'intègre plus largement à une stratégie globale de développement durable. De fait, Axéréal mène depuis le milieu des années 2010 un travail de fond en ce sens, visant tout à la fois à préserver l'environnement, à être à l'écoute des attentes de la société et des clients, mais aussi à travailler à la création de valeur. Une politique RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) qui s'articule autour de plusieurs enjeux prioritaires tels la gestion de l'eau, le développement de pratiques agricoles écologiques, ou, donc, les questions énergétiques.

Chez Boortmalt, 30 % d'énergie consommée en moins en 8 ans

La question énergétique est au cœur de la stratégie des malteries d'Axéréal. Depuis 2015, Boortmalt a obtenu la certification ISO 50001 en management de l'énergie pour les 10 malteries que comptait alors le groupe. Ces unités de production sont aujourd'hui dans une dynamique d'amélioration continue et de réduction de leur empreinte environnementale. Cette démarche sera progressivement élargie aux 16 malteries qui ont rejoint Boortmalt en novembre 2019 avec l'acquisition de Cargill Malt. C’est en multipliant les initiatives que les objectifs seront atteints. Que ce soit par des projets d’investissements (panneaux solaires thermiques, centrales biomasse etc.) ou par de l’optimisation de ses pratiques (suivi précis des consommations pour détecter toute anomalie, déploiement de LED dans les différents sites, sensibilisation des équipes etc.).  Les plans d'action sur 5 ans composés d’initiatives multiples ont permis de gagner en efficacité énergétique. « Sur les 10 malteries de notre périmètre historique, l'énergie consommée a diminué de 30 % sur 8 ans », confirme Joris Van Valckenborgh, responsable énergie et développement durable de Boortmalt.

A Anvers, un réseau de chaleur pour réduire l'empreinte carbone

Un important travail est notamment mené pour limiter le recours aux énergies fossiles et améliorer ainsi l'empreinte carbone des différentes unités du groupe. C'est le cas dans la malterie d'Anvers (Belgique) où un projet d'ampleur est aujourd'hui initié, fruit d'une collaboration avec le spécialiste de la gestion des déchets Indaver. Un réseau de chaleur va être construit entre les deux sites, distants de 8 km. Dès 2023, il permettra à la malterie de profiter d'une partie de la chaleur générée par l'incinération des déchets. De l'eau chaude arrivera ainsi à plus de 100°C sur le site Boortmalt.  D’énormes échangeurs de chaleur permettront la production d'air chaud, lequel sera utilisé pour le séchage du malt, une étape particulièrement énergivore. « Cette nouvelle source d'énergie va nous permettre de diminuer notre consommation de gaz de l'ordre de 30 à 40 % », explique Joris Van Valckenborgh. De quoi permettre au site d'Anvers, de réduire ses émissions de carbone de l'ordre de 35.000 tonnes par an.

En parallèle, le site d'Anvers va également accueillir une éolienne d'une puissance de 8 MW qui fournira de l'électricité verte à la malterie. Un carport équipé de panneaux photovoltaïques devrait également voir le jour prochainement. D'un puissance de 1 MW, la structure apportera elle aussi de l'électricité à la malterie et permettra de recharger jusqu'à 70 voitures électriques.
« L'ensemble de ces projets va nous permettre d'augmenter fortement la part de l'énergie renouvelable du site », note Joris Van Valckenborgh. Ils permettront ainsi aux équipes de la malterie de maintenir le cap de la durabilité, l’œil rivé sur les objectifs ambitieux portés par Boortmalt. Engagé depuis plusieurs années dans une mutation en profondeur de sa politique énergétique, le groupe entend réduire ses émissions de carbone de 60 % entre 2010 et 2030.

Diminuer la consommation des outils de production

Au sein d'Axéréal Elevage, ces mêmes questions énergétiques ont fait l'objet d'une phase d'évaluation permettant tout à la fois d'analyser les usages, de mesurer les consommations et de définir des priorités. S'en est suivi le déploiement, sur le terrain, d'une ambitieuse politique énergétique.

Un travail a notamment été mené sur les machines assurant le fonctionnement quotidien des sites de production d'aliments pour animaux. Le renouvellement progressif des automatismes a donné la possibilité aux équipes de suivre de façon beaucoup plus précise les consommations. « Des variateurs sont mis en place sur des moteurs, précise Jean de Chanay, directeur adjoint d'Axéréal Elevage. Ils permettent par exemple de faire baisser en intensité une machine entre deux plages de travail ». De quoi réduire la consommation d'électricité. La même logique prévaut pour les chaudières au gaz produisant de la vapeur. De nouveaux brûleurs sont progressivement déployés (après Saint-Germain-de-Salles et Feurs, le site de Pouligny-Notre-Dame a connu une telle évolution cette hiver à la faveur d'un changement de chaudière). Il est ainsi possible de moduler la vitesse de fonctionnement selon les besoins.

Le renouvellement progressif des équipements permet également de se doter de modèles moins énergivores. C'est par exemple le cas des moteurs de nouvelle génération mais aussi des lampes présentes dans l'ensemble des sites. L'éclairage LED s'impose progressivement. En parallèle, les équipes s'appuient sur des solutions innovantes pour repérer toute déperdition d'énergie (détecteurs de fuite d'air dans le réseau d'air comprimé). Elles travaillent également à l'optimisation du fonctionnement de certaines machines.

Axéréal Elevage réduit son empreinte environnementale

C'est donc une vaste dynamique qui a été engagée chez Axéréal Elevage. « 85 % de nos usages énergétiques sont aujourd'hui couverts par le management énergétique », indique Jean de Chanay. Sept sites disposent d'une certification ISO 50001, relative justement au management de l'énergie. Un huitième a été intégré récemment la démarche.
Une démarche qui permet tout à la fois à Axéréal Elevage de réduire son empreinte environnementale et de réaliser des économies d'énergie. A Saint-Germain-de-Salles, par exemple, le changement du brûleur de la chaudière a permis de diminuer la consommation de gaz de 12 %. « Sur l'ensemble des sites d'Axéréal Elevage, la facture d'électricité annuelle a, quant à elle, été réduite de 50.000 euros », explique Thomas Benmeddour, chargé de mission chez Axéréal Elevage. Même évolution positive observée sur les consommations de gazole. La formation des chauffeurs à l'écoconduite mais aussi l'acquisition de véhicules moins énergivores ont permis d'obtenir une baisse de 0,7 litre / 100 km.

La démarche a un autre atout : « Elle permet d'acquérir une culture commune autour des questions énergétiques », estime Jean de Chanay. Une culture commune qui passe notamment par l'intégration de réflexes écoresponsables au sein des équipes. Les commerciaux ne prennent ainsi la route que lorsque cela est jugé vraiment nécessaire, le chauffage des bâtiments administratifs est systématiquement mis à l'arrêt le week-end... Autant d'initiatives qui favorisent, là encore, les économies d'énergie. « Le management énergétique permet également d'intégrer nos collaborateurs dans une démarche d'innovation, poursuit Jean de Chanay. Ils échangent, proposent des pistes pour améliorer notre empreinte carbone. Mais ce management énergétique à également des effets de levier significatifs sur l’amélioration de la connaissance des process, et la maintenance préventive, car toute dérive énergétique est un symptôme précurseur d’un dysfonctionnement technique ». Une façon, aussi, de renforcer « la fierté d'appartenir à une entreprise qui s'inscrit dans une logique frugale d'économie des ressources ».

Autre initiative remarquable : chez Axéréal Elevage, tous les salariés chargés des livraisons suivent une initiation à l'éco-conduite. Une dizaine de chauffeurs avaient été formés en 2019. Une trentaine le seront cette année. Au programme, pour eux : l'apprentissage de règles de conduite simples, permettant de réduire la consommation de gazole. Éviter les freinages brusques ou les accélérations trop rapides, respecter les distances de sécurité, privilégier le frein moteur... Autant de bonnes pratiques qu'ils adopteront par la suite au volant de leurs camions.