Stratégie

 

Accompagner et transformer la production agricole dans la durée

Jean-François Loiseau, Président, et Paul-Yves L’Anthoën, Directeur général, partagent avec le Conseil d’administration une vision ambitieuse pour l’avenir d’Axéréal, de ses adhérents et de ses activités : faire d’Axéréal le modèle d’une coopérative céréalière dynamique, efficace et compétitive.

 

Quel bilan dressez-vous de la campagne 2017-2018 ?

JFL : 2017 a été une année agricole de transition, marquée par un début d’amélioration dans l’activité économique. Les niveaux de collecte réalisés par Axéréal sont revenus dans la moyenne, ce qui nous a permis de présenter des résultats en amélioration sur la partie agricole. Ces résultats ont convaincu les élus du Conseil d’administration d’Axéréal de la nécessité de partager et de mettre en place un modèle dynamique, efficace, compétitif, qui permette de se projeter dans la durée, d’accompagner la production agricole et donc de mieux rémunérer les agriculteurs.

PYL : Il était essentiel pour nous d’avoir l’assurance du rebond de l’activité agricole pour engager cette transition. Nous avons clôturé une récolte supérieure à 4,5 millions de tonnes, ce qui constitue un retour progressif à la normale, alors que l’année précédente, nous étions descendus à 3,2 millions de tonnes en raison des accidents climatiques. Cette capacité à délivrer se traduit dans nos résultats.

Nous clôturons à 96 millions d’euros d’EBE. C’est un résultat encourageant par rapport à l’objectif de 100 millions d’euros que nous aurions atteint sans l’impact de la grève de la SNCF, qui nous a fortement pénalisé.
Nous obtenons un résultat courant avant impôt de 6,7 millions d’euros, en nette amélioration lui aussi. Les objectifs que nous nous sommes fixés obéissent à une double ambition. D’une part, nous assurer du rebond effectif des activités agricoles pour valider le niveau auquel nous devons étalonner notre plan de transformation pour les années à venir. D’autre part, être capable de renouer avec des résultats économiques bien plus satisfaisants, qui sont de nature à rassurer l’ensemble de nos partenaires. Ces résultats sont également fortement tirés par deux évènements : la performance de notre activité malt et la résilience de notre activité Axéréal Élevage.

 

Pouvez-vous revenir sur le plan d’action que vous engagez aujourd’hui ?

JFL : Quel doit être le modèle agricole d’un groupe coopératif tel que le nôtre ? Cette question a été le fil rouge de notre réflexion tout au long de l’année. Pour la mettre en oeuvre, Axéréal s’est fixé pour les prochaines années une feuille de route ambitieuse.
Elle vise à mettre en place un modèle agricole proactif, qui s’affranchisse des aléas climatiques et soit en adéquation avec les attentes de ses adhérents. Ce modèle doit être plus innovant, en se tournant vers les technologies du futur ; plus compétitif, en faisant en sorte que l’outil Axéréal soit considéré par l’agriculteur comme une aide au développement plutôt qu’une structure de coût ; et enfin, plus efficace, en étant au rendez-vous de la logistique, de la qualité de service et du conseil.

Nous avons partagé cette vision stratégique avec le nouveau Directeur général, Paul- Yves L’Anthoën, qui a rejoint Axéréal à l’automne 2017. Depuis le printemps, il met en oeuvre ce schéma directeur avec une équipe resserrée. Notre objectif est de produire des céréales tracées avec des itinéraires qualitatifs pour des clients à la fois consommateurs et citoyens.

 

Faits saillants de l’année

Comment l’année 2017-2018 s’est-elle déroulée pour Axéréal ?

JFL : Dans le domaine agricole, nous avons décidé de mettre en place un nouveau modèle plus efficace avec une baisse de nos coûts fixes pour être compétitifs sur l’ensemble du territoire. Ce plan « Ambition 2022 » a pour objectifs d’accompagner la production agricole, d’être plus agile et flexible, en adéquation avec les attentes de nos agriculteurs.

Dans le malt, nous avons donné à notre activité industrielle la possibilité de franchir un cap important. Nous nous sommes associés à des investisseurs afin d’assurer son développement à l’échelle internationale alors qu’elle arrivait à la saturation complète de ses outils. L’année a été complexe à gérer pour l’activité meunerie, avec une baisse du marché et une surcapacité de production.

La meunerie est une activité essentielle à la valorisation de nos céréales et doit changer son modèle et se mettre en ordre de marche pour affronter les échéances qui arrivent.

Du côté de l’élevage, nous nous sommes concentrés sur la relation clientéleveur et nous avons initié un travail de traçabilité sur l’activité volaille avec la mise en place d’une blockchain qui permet d’aller chercher plus de valeur.

PYL : L’année 2017-2018 aura été celle où nous avons terminé d’affiner le plan de transformation. Cela s’est traduit par une simplification de l’organisation et par la nomination, à mes côtés et aux côtés du Conseil d’administration, d’une équipe de direction équilibrée et partiellement renouvelée, constituée de quatre directeurs d’activité opérationnels et de quatre directeurs de fonctions supports, au service des activités. C’est absolument essentiel pour conduire le changement. La feuille de route qui a été donnée à ces dirigeants est au service de la totalité du groupe Axéréal. Nous travaillons ensemble, nous partageons nos projets et nos plans d’action, motivés autour des problématiques de transformation et de positionnement de l’ensemble du groupe Axéréal.

JFL : Une nouvelle équipe s’est mise en place aux côtés du Conseil d’administration et a engagé un important travail collaboratif : les administrateurs sont associés à des groupes de travail des commissions pilotées par un cadre de direction. Nous l’avons fait dans plusieurs domaines au sein du groupe Axéréal. Nous partageons un ensemble de vues et d’intérêts, commandé par l’urgence d’agir : nos adhérents nous le demandent, notre communauté l’exige.

PYL : Déployer un nouveau modèle Axéréal, c’est la mission qui m’a été donnée par le Président et le Conseil d’administration. Ce travail est ambitieux et va prendre du temps.

Nous sommes un acteur majeur de la logistique de la céréale en France, et nous devons en être très fiers.

Paul-Yves L’Anthoën, Directeur général

 

Quel est le modèle économique d’Axéréal ?

JFL : Le modèle économique d’Axéréal est agricole et agroalimentaire, présent en France et à l’international. Axéréal est très exposé à l’économie mondiale. Une tonne sur deux est exportée et dépend des cours mondiaux et une tonne sur trois est transformée dans nos outils. Notre stratégie est d’accompagner nos agriculteurs dans leur mutation et d’accroître notre part de céréales transformées. Cette exposition nous oblige à une très grande réactivité et nous cherchons à ajouter le plus de valeur possible au grain que nous collectons et commercialisons sur le territoire français, aussi bien dans la partie agricole que dans la partie de transformation industrielle d’Axéréal.
À cette fin, nous avons présenté à nos adhérents un plan agricole, avec une réduction massive de nos coûts. Ce plan nous engage à revoir nos processus internes en termes de politique commerciale, d’organisation régionale et de gestion de la collecte. Ce plan est partagé régulièrement avec nos adhérents et salariés à travers des réunions de proximité.

 

Perspectives

Quelle est votre vision stratégique pour l’avenir d’Axéréal ?

JFL : Nous passons de l’ancien au nouveau monde. Pendant ces cinquante dernières années, tous les maillons de l’agriculture française, céréalière en particulier, ont, à juste titre, bénéficié d’une politique agricole qui a énormément accompagné les agriculteurs, mais aussi les organismes, les transformateurs, les transporteurs, les exportateurs. La nouvelle politique agricole commune, qui sera demain validée par 27 ou 28 pays, sera davantage tournée vers les exigences d’un consommateur citoyen et s’inscrira dans un cadre budgétaire complètement différent. Les faits sont là et il ne faut pas les ignorer.
L’environnement concurrentiel est effectivement mondial, à la fois local et global, de plus en plus concentré à l’amont et à l’aval ; il agit dans des règlements très différents (sanitaires, environnementaux, fiscaux).

Nous sommes déterminés à nous adapter, à faire en sorte qu’Axéréal soit demain le bon modèle qui sécurise et accompagne les agriculteurs dans ce monde très changeant.

PYL : Pour organiser ce nouveau schéma, nous devons travailler avec les moyens de production actuels et les moyens de production futurs, avec les technologies d’aujourd’hui et celles de demain, en construisant des filières structurées et organisées.

 

Comment allez-vous procéder pour développer vos filières ?

PYL : Le premier métier d’Axéréal, c’est de valoriser la céréale. Nous sommes un acteur majeur de la logistique de la céréale en France, et nous devons en être très fiers. Pour augmenter sa valeur, nous développons quatre filières durables et compétitives (en dehors des commodités) : la production sous contrats pour nos clients locaux et nationaux ; la production pour nos clients internes (meunerie, malterie et élevage), jouant un rôle de stabilisateur et ancrant la production dans le territoire ; l’agriculture biologique et enfin les productions de spécialités qui représenteront à terme 4 à 5 % des volumes.

L’objectif de ces filières est de développer l’agriculture durable selon nos critères « CultivUp » avec des cahiers des charges spécifiques selon la demande de nos clients. Nous avons la vocation d’amener 80 % de nos agriculteurs à s’engager dans une démarche de filière afin de valoriser la qualité de notre production.

JFL : C’est grâce à ces filières agricoles performantes que l’agriculteur se reconnaîtra dans le produit final qui sera transformé et livré à un client, qu’il soit en France ou à l’étranger. Nous ne devons jamais oublier que nous produisons du blé, de l’orge, du soja, du maïs ou des lentilles parce que nous avons des clients.

 

 

Nous sommes déterminés à nous adapter, à faire en sorte qu’Axéréal soit demain le bon modèle qui sécurise et accompagne les agriculteurs dans un monde très changeant.

Jean-François Loiseau, Président
 

Notre démarche de Développement Durable

Pleinement conscients de notre empreinte sociétale, nous sommes engagés dans une démarche de progrès volontaire et citoyenne.

Céline Montauriol, Responsable RSE Axéréal
 

CultivUp, notre démarche d'agriculture durable

Pour répondre au mieux à ses clients, Axéréal développe dès la récolte 2018, une charte de production conforme à une vision de la durabilité, partagée par nos clients industriels.